En mai j’ai effectué mon 5ème séjour à Madagascar. A chacune de mes visites j’ai pu mesurer la dégradation constante de ce pays. Chaque fois je revenais attristé, cette fois je reviens révolté par la corruption généralisée. Dès l’arrivée dans l’aéroport les policiers, les douaniers demandent avec insistance de l’argent pour eux. La route nationale est quasi impraticable vers Ambato rendant très difficile les échanges économiques. Il résulte d’une telle situation une insécurité inquiétante. Les évêques s’élèvent contre cette situation sans succès, l’oligarchie politique est bien trop occupée à préparer les prochaines élections dans l’indifférence générale car les gens ne croient plus en eux.

J’ai constaté la volonté des familles de paysans d’agir pour sortir d’une situationde grande pauvreté par la culture de trèsbeaux jardins potagers. Le programme jardins familiaux rencontre un succès considérable dans toute la région tant pour la qualité de la production de légumes pour leur consommation que par la vente qui leur apporte des ressources financières. Lors du rassemblement des 500 jardinières venues de toute la région j’ai mesuré combien les jardins étaient source de liens entre les membres d’une famille mais aussi entre les jardinières du même secteur leur permettant ainsi de vaincre l’isolement par un projet collectif.

Nos orientations initiales demeurent plus que jamais d’actualité. Soutien, diversification de l’agriculture familiale et Formation professionnelle. Nous gardons le cap et poursuivrons avec vous, notre action à Madagascar. Emile Bourdin