Un forage nécessaire pour les productions de la ferme

Un forage nécessaire pour les productions de la ferme

Plan de la ferme expérimentale de 120 ha

A l’origine le Message de  détresse de Sr Esther :

« Nous n’avons pas d’eau pour l’arrosage des plantations  de géranium, la distillation d’huile est compromise. Nous avons formé les paysans,  ils vont récolter  des tagettes, des feuilles de camphriers; nous nous sommes engagés à  les acheter .Si nous ne sommes plus en mesure de les aider les paysans n’auront plus confiance en nous ».  

Il faut  de l’eau surtout, en période sèche,  pour produire les semences, les plants de caféiers et  pour les huiles essentielles  (géraniums, tagettes, helicriss, basilics)  mais il faut aussi de l‘eau pour la distillation.

La période de pluie, est de plus en plus tardive, cette année début février au lieu de décembre habituellement.

Depuis la création de la ferme plusieurs dizaines  de paysans se sont installées autour du terrain ;  ils comptent sur nous.

Le pas des mendiants fera trembler la terre – Georges Bernanos

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Témoignage de Michel RAULT

Témoignage de Michel RAULT

Arrivé le 24 novembre 2015 à Antananarivo, j’étais chargé d’une mission en informatique auprès d’établissements scolaires à Antananarivo, Fandriana , Ambatofinandrahana, Nosy-Varika et Fianarantsoa :

  • conseil auprès des enseignants en informatique et contact avec les chefs d’établissements,
  • dépannage et installation d’ordinateurs,
  • étude d’un projet pour la formation des jeunes enseignants et religieuses.

J’ai partagé la vie des communautés des frères de Saint-Gabriel et des sœurs Jeanne-Delanoue pendant 3 semaines.

Chez les frères

Au collège d’Antsobolo (Tana), j’ai rencontré le professeur d’informatique et travaillé avec lui à la restauration de quelques ordinateurs. Il gère bien sa salle malgré un parc très vétuste et insuffisant vu le nombre d’élèves.

Au lycée de Fandriana, avec la professeur d’informatique, nous avons installé et configuré des ordinateurs récupérés dans des collèges de Bretagne en remplacement d’anciens PC obsolètes. La salle compte maintenant 27 unités homogènes. Toutes les classes de la sixième à la terminale suivent avec beaucoup de plaisir des cours de bureautique.

Chez les sœurs

Le 3 décembre, j’ai commencé par le collège d’Ambatofinanadrahana. Pendant 3 jours, avec sœur Joséphine et sœur Emma, nous avons installé et configuré une douzaine d ‘ordinateurs envoyés par l’association et vérifié les 20 autres unités. L’alimentation en électricité nous a souvent fait défaut, il a bien fallu s’adapter !

Avant mon départ, sœur Marie-Lucienne, nouvelle directrice du collège de Nosy-Varika, avait beaucoup insisté pour que je me rende dans son établissement. Elle était désespérée, plus rien ne fonctionnait.

Le problème pour moi tenait surtout dans l’éloignement de cette école. Il faut 2 jours pour se rendre sur place. J’ai dû faire un choix et remettre à plus tard mon déplacement au noviciat de Fianarantsoa.

Nosy-Varika se situe sur la côte Est de Madagascar, coincée sur un cordon littoral entre la mer et le canal des Pangalanes. C’est une zone reculée car l’ancienne piste de latérite est devenue impraticable. Le seul accès est par bateau en remontant le canal A cause de l’éloignement et le manque de communication, l’activité économique est inexistante. En passant devant les villages, on ne peut manquer de remarquer l’ampleur de la pauvreté : habitants désœuvrés réduits à regarder les pirogues passer, habitations délabrées, abords du canal pollués par les détritus et sacs plastiques, pas d’adduction d’eau ni d’assainissement (l’eau trouble du canal sert pour l’alimentation)… La nourriture est composée exclusivement de riz et de petits poissons d’eau douce.

Avec sœur Emma et sœur Joséphine, nous avons consacré ma dernière semaine de mission pour cette tâche.

Départ tôt lundi matin d’Ambato pour arriver, après 13 heurs de taxi-brousse, à la communauté de Manajary où les sœurs nous attendaient éclairées à la bougie, le courant étant coupé depuis 3 jours.

Puis le mardi, embarquement dans la pirogue pour Nosy-Varika où nous arrivons après 11 heures de bateau-brousse inconfortable où s’entassent pêle-mêle passagers, marchandises, volailles, vélos, motos, bidons de carburant…

Soeur Marie-Lucienne nous attendait sur la berge et nous a accueillis chaleureusement.

Les mercredi et jeudi, nous nous sommes mis à la tâche. Comme souvent dans les villages isolés de Madagascar, la compagnie électrique ne fournit de l’énergie que l’après-midi (pas forcément au moment où il y en le plus besoin). Heureusement, Sœur Marie-Lucienne s’est démenée pour me trouver un groupe électrogène.

Hélas, grosse déception en arrivant dans la salle informatique : la tension du secteur étant très irrégulière, 3 alimentations étaient grillées, panne également sur des cartes-mères et des disques durs. Jai réussi à réinstaller 7 ordinateurs car je n’avais pas assez de pièces de rechange pour faire plus et il ne faut pas espérer pouvoir en trouver sur place. J’aurais tant souhaité mieux réussir, mais ici tout est compliqué, vous n’avez rien à moins de 2 jours de déplacements.

Le retour s’est déroulé comme l’aller, 2 jours aussi fatigants.

Un pays d’une pauvreté croissante

C’était ma quatrième mission à Madagascar. Je connaissais la pauvreté du pays et notamment celle des régions où j’avais l’habitude de me rendre. Mais sur la côte est, je ne m’attendais pas à une telle ampleur.

L’isolement de la population, l’absence de voie de communication, la carence et la corruption des pouvoirs publics, le désœuvrement d’une population jeune, explique sans doute cet état de fait.

Malgré tout, il y a des raisons d’espérer

Les communautés religieuses que j’ai visitées font un travail remarquable aussi bien auprès des populations environnantes que dans le domaine de l’éducation.

Leur action dans l’enseignement de l’informatique ouvre des perspectives d’avenir aux jeunes.

Sans cet engagement, ces élèves issus de villages de brousse sans électricité, qui n’hésitent pas à parcourir des longues distances pour se rendre à l’école, n’auraient jamais accès aux nouvelles technologies.

Les jardins familiaux

Les jardins familiaux

A Madagascar, comme dans d’autres régions d’Afrique, le riz est la base de l’alimentation souvent complétée par d’autres espèces locales « le manioc, la patate douce ».

La récolte du riz couvre les besoins d’une famille pendant 5 mois environ après la récolte et permet à une famille de faire 3 repas par jour, mais 2 mois après la récolte le nombre de repas est réduit à 2, ensuite pendant une bonne partie des 4 mois restants, ce n’est plus qu’un repas par jour jusqu’à la nouvelle récolte en espérant qu’elle sera bonne, mais c’est parfois sans compter avec les aléas climatiques et les insectes.

La création de jardins familiaux dans la région Amaron’I mania, autour de 6 villages au sud et à l’ouest d’Ambositra. C’est environ 700 jardins qui sont fonctionnels actuellement. La mise en place est passée par la formation des équipes EJD, qui œuvrent auprès des paysans pour les différentes étapes (Choix des familles, du meilleur terrain, conseils et suivi des plantations…)

Les résultats sont extrêmement encourageants. Les familles ayant un jardin disposent de produits variés, frais, apportant une source de vitamines, d’éléments minéraux indispensables pour la santé de la famille. Le jardin c’est aussi une source de revenus complémentaires par la vente des légumes au marché, l’aspect social est aussi important « discussions, échanges, stimulation, compétition (qui aura le plus beau jardin) , une ouverture sur d’autres plantations comme les orangers, kaki, papayes, avocats.

Distillerie d’huile essentielle

Distillerie d’huile essentielle

L’an dernier, grâce au club Rotary d’Angers nous avions pu installer sur le terrain de la ferme de Belante une chaudière bois et un alambic de 1000 l en inox de qualité très professionnelle.
Pour cette deuxième année le fonctionnement de la distillerie donne entière satisfaction. Des acheteurs d’huile qui ont visité la distillerie ont été surpris de la qualité de l’installation et la propreté des locaux. Les analyses des huiles distillées ont montrées qu’elles répondaient aux normes exigées pour la commercialisation des huiles.
Plusieurs acheteurs malgaches et français ont fait part de leur intérêt pour l’achat de ces huiles.
Depuis janvier 2016 la distillerie fonctionne presque jour et nuit, la quantité et la diversité de plants pour huile traités sont considérables au regard des prévisions.
Exemple entre janvier et fin mars 2016 ont été distillé :

  • 20 tonnes de feuilles de camphriers donnant 270 Kg de Ravintsara
  • 7 tonnes de tagettes fournies par les paysans

D’avril à juillet il est prévu la distillation des plants suivants :

  • Eucalyptus
  • Basilic
  • Citrus

Toutes ces productions permettront aux paysans d’obtenir des ressources financières très utiles pour leur famille.

Regard des soeurs de la congrégation  Jeanne Delanoue sur la ferme de Belante

Regard des soeurs de la congrégation Jeanne Delanoue sur la ferme de Belante

…Merci pour la mission confiée aux bénévoles qui mettent vraiment leur compétence au service des bénéficiaires. J’ai passé quelques jours avec Marcel BOITEAU et Michel GUENARD à Ambatofinandrahana, ils ont une capacité d’adaptation à la réalité que vivent les sœurs. Je suis très heureuse de sentir la simplicité de leur relation avec elles, on sent qu’ils sont à l’aise les uns avec les autres, un esprit de famille les unit pour le service des plus pauvres.
Je crois que les jardins familiaux et la ferme à Belante fonctionnent bien, tout le monde se démène pour atteindre l’objectif.
L’extraction des huiles tourne à plein ces derniers temps, les paysans arrivent de partout avec les tagettes, sœur Esther a fait des animations dans plusieurs villages pour motiver les paysans et les mettre en confiance, leur expliquer l’importance de la manière de couper les tagettes pour la qualité de l’huile et améliorer l’environnement. Elle est très contente car les chefs de villages soutiennent les paysans pour qu’ils ne se laissent pas tromper par des concurrents déloyaux.
Nous avons eu de très belles célébrations pendant ces fêtes pascales, l’église d’Ambatofinandrahana n’est plus assez grande pour accueillir les chrétiens, le jour de Pâques presque la moitié des gens étaient dehors. Que la Paix du Christ ressuscité vous accompagne dans vos différentes activités, qu’elle soit source de Joie pour toute la famille.
Ma visite touche presque à sa fin, il me reste trois communautés, je rentre en France le 22 avril. Je vous reste en communion dans la prière.
Soeur Marie Louise